
5 juin 2026
Tu l’as forcément vue, cette vidéo qui scrolle sur ton feed : « J’ai créé mon site web complet en 10 minutes avec l’IA. » Et là, deux réactions possibles. Soit tu as une montée d’adrénaline en te disant que c’est enfin accessible, soit une petite voix murmure « Mais alors, j’ai besoin de qui, moi ? »
Les deux réactions sont légitimes. Et c’est exactement pour ça que j’avais envie de parler de tout ça aujourd’hui, sans le discours « l’IA va tout révolutionner » ni le discours « l’IA c’est de la merde ». La réalité, comme souvent, elle est au milieu. Et surtout, elle dépend de toi.
Le marché a explosé. Si tu n’as pas suivi, voilà ce qui existe en ce moment.
Lovable génère des interfaces web et des applications à partir de prompts. Tu décris ce que tu veux, il sort du code. Le résultat peut être visuellement propre. Mais j’ai fait le test pour une cliente sur un projet e-commerce : c’était carré, techniquement correct, avec les petits encadrés arrondis, les ombres douces, les icônes vues partout. Tu vois le genre ? Propre, oui. Adapté à sa cible, à son parcours client, à sa direction artistique ? Zéro.
Bolt fonctionne sur la même logique : tu génères une application ou un site à partir de tes instructions. C’est souvent utilisé pour du prototypage rapide ou des MVP, des versions minimales d’un produit.
Shopify intègre de plus en plus l’IA directement dans sa plateforme, avec notamment une fonctionnalité qui génère un thème « sur-mesure » à partir d’un prompt et d’un site d’inspiration. Résultat propre encore une fois. Mais pour une cliente qui vend des produits pour enfants, ça ne correspondait ni à ses attentes, ni à sa cible, ni au parcours client dont elle avait besoin.
Flutterflow et Bubble sont une autre catégorie : du no-code avancé pour créer de vraies applications. Bubble notamment est puissant, mais la courbe d’apprentissage est intense. Sur ce type d’outil, on parle de projets long terme qui méritent un accompagnement avec quelqu’un en qui tu as vraiment confiance, qui ne te lâche pas en cours de route.
Et puis il y a Claude Code, et lui mérite qu’on s’y arrête.
Claude Code n’est pas un outil de création de site à proprement parler. C’est un assistant IA en ligne de commande, développé par Anthropic, qui aide à écrire, comprendre et modifier du code.
Et voilà comment je l’utilise concrètement. Quand je mets un site en ligne, je m’occupe des redirections, c’est-à-dire lister toutes les anciennes URL et les rediriger vers les nouvelles du nouveau site. Sur un site de 10 pages, ça va. Sur un site de 300 pages, c’est colossal. Il existe des outils en ligne pour ça, mais soit trop chers, soit pas adaptés à ce que je veux exactement. Donc j’ai utilisé Claude Code pour me créer l’outil de mes rêves, avec des prompts et de l’itération. Cet outil m’a maintenant clairement fait gagner plusieurs heures.
Ce que je veux que tu retiennes : j’utilise Claude Code pour aller plus vite sur des tâches que je maîtrise déjà. Il vient amplifier une compétence existante. Il ne la remplace pas. Et c’est une nuance capitale.
Soyons honnêtes. Ces outils ne sont pas pour tout le monde, et pas adaptés à toutes les situations.
Ils peuvent être intéressants si tu as un profil un peu tech, une vraie curiosité pour expérimenter, ou si tu veux tester une idée rapidement sans investir lourd au départ, une landing page de test, un prototype à montrer à un partenaire. Ce peut aussi être une bonne solution temporaire si tu veux un truc basique pour démarrer, si tu es vraiment frileuse à investir. Mais il y a un calcul à faire avec toi-même : tu vas passer du temps dessus, faire des modifications même si l’IA te génère une base, et tu n’es pas sûre que derrière ça t’aide dans tes objectifs de conversion.
Et les limites sont réelles. Le résultat peut sembler beau en surface mais la structure en dessous est souvent fragile. La personnalisation est limitée. Et surtout, certains de ces outils vont te limiter dans la connexion avec d’autres outils. Si tu penses en mode écosystème, ce qui devrait être le cas, c’est rédhibitoire.
Si tu n’as aucune base technique et que le dev est un monde qui te passe vraiment au-dessus : je te déconseille sincèrement de te lancer là-dedans seule. Parce que quand ça coince, et il y a toujours un moment où ça coince, tu te retrouves bloquée face à quelque chose que tu n’as pas construit et que tu ne comprends pas.
Le mot stack, ou pile technologique, c’est simplement l’ensemble des outils que tu utilises pour faire tourner ton activité digitale. Ton site, ton outil d’emailing, ta plateforme de paiement, ta prise de rendez-vous, tes automatisations… tout ça, c’est ta stack.
Et quand tu choisis un outil, tu ne choisis pas juste un logiciel. Tu choisis quelque chose qui va devoir s’intégrer avec tout le reste. C’est pour ça que la question « est-ce que je fais mon site avec l’IA ? » n’est pas anodine. Si ton site IA ne peut pas se connecter à ton outil d’email marketing ou à ta plateforme de formation, tu as un problème. Un écosystème, par définition, c’est un ensemble d’éléments qui interagissent ensemble. Si un des éléments bloque les interactions, c’est tout l’écosystème qui en pâtit.
C’est exactement ce sur quoi je travaille avec mes clientes sur mes accompagnements automatisation & workflows : pas juste brancher des outils entre eux, mais construire un écosystème qui travaille pour toi de façon cohérente et durable.
Quelques questions à te poser avant de choisir n’importe quel outil, IA ou pas :
Est-ce que je comprends ce que je fais ? Est-ce que cet outil peut se connecter à ce que j’ai déjà, ou à ce que je veux avoir ? Est-ce que c’est pérenne ? Certains outils IA sont des startups en early stage, qu’est-ce qui se passe si ça ferme dans 18 mois ? Est-ce que ça correspond à mes ambitions sur le moyen terme ?
Ma propre stack a évolué en 6 ans. J’ai commencé avec des outils plus basiques, j’ai testé, itéré, optimisé, et je ferai probablement encore évoluer les choses dans deux ans. Ce n’est pas du hasard, c’est beaucoup de veille, beaucoup de tests, et c’est justement pour ça que mes clientes viennent chez moi : pour économiser tout ce temps de recherche, et construire leur écosystème avec quelqu’un qui a déjà fait les erreurs à leur place.
J’ai fait des tests. Avec des prompts hyper travaillés, parce que depuis quelques mois je me suis formée en prompt engineering et j’ai vraiment cherché à pousser les limites. Et même avec un prompt haut niveau, il y a des choses qui ne passent pas.
L’IA connaît ta cible en théorie. Elle connaît les biais psychologiques, les frameworks de copywriting, de UX, de stratégie. Mais elle ne les a jamais vécus. Elle ne sait pas ce que c’est que d’hésiter devant un bouton « acheter ». Elle ne sait pas ce que c’est que d’avoir peur de se tromper, de sentir que ce site te parle ou pas, que cette entrepreneuse c’est toi ou pas.
Et un business, tu vends à de vraies personnes. Des humaines, avec leurs peurs, leurs désirs, leur vie. Un site bien construit, vraiment bien construit, passe par des analyses très précises du parcours client, de la structure, du cheminement. C’est pour ça que le résultat IA est souvent techniquement correct mais stratégiquement creux. Un site beau mais qui te ramenait une demande tous les 4 mois, ou 3 ventes dans le mois sur tes produits, ce n’est probablement pas ce dont tu rêves.
Et c’est aussi pour ça que la question du site web ne se pose jamais seule. Elle se pose dans le contexte de toute ta stratégie digitale, de ton positionnement, de ton parcours client. Si tu veux poser ce regard sur ton business, c’est exactement ce qu’on fait ensemble dans un accompagnement stratégie digitale.
Il y a aussi un principe que j’applique depuis longtemps, aussi bien à l’automatisation qu’à l’IA : un outil, quel qu’il soit, ne doit pas te remplacer sur des tâches que toi-même tu ne maîtrises pas. Parce que si tu délègues à l’IA quelque chose que tu ne comprends pas, tu ne peux plus vérifier le résultat. Tu ne sais plus ce qui tourne sous le capot. Et petit à petit, tu perds la main sur ton propre business. Le jour où ça plante, et il y a toujours un jour où ça plante, tu te retrouves face à quelque chose que tu n’as pas construit et que tu ne peux pas démêler seule. C’est le début d’une dépendance qui peut vite devenir un problème.
Moi, l’IA je l’utilise sur des choses que je maîtrise. Elle vient accélérer. Elle vient me libérer du temps. Mais elle ne prend pas les décisions stratégiques à ma place.
Ce que l’IA ne sait pas faire : sentir ton positionnement. Comprendre l’émotion que tu veux transmettre. Construire un parcours utilisateur qui reflète vraiment ta façon d’accompagner. Choisir ce qui te correspond à toi, à tes ambitions, à l’écosystème que tu es en train de construire.
Un site web n’est pas juste une page en ligne. C’est un des piliers sur lesquels tu comptes peut-être pour développer tes demandes ou tes ventes. Une pierre angulaire à ne pas laisser de côté, et certainement pas à laisser entre les mains d’un outil qui ne te connaît pas.
Tu mérites mieux qu’un site propre mais générique.
Les outils IA (Lovable, Bolt, Claude Code, Shopify, Flutterflow, Bubble) existent, ils ont chacun leur usage, leurs forces, leurs limites. C’est contextuel, pas bien ou mal.
Claude Code, personnellement, je l’utilise pour aller plus vite sur des tâches que je maîtrise déjà. C’est un amplificateur, pas un remplaçant.
Avant de choisir un outil, pense « stack » et « écosystème ». Est-ce que ça s’intègre ? Est-ce que tu comprends ce que tu fais ? Est-ce que c’est adapté à où tu veux aller ?
L’IA est générique par nature. Même avec le meilleur prompt du monde, elle ne connaît pas ta cible dans ses tripes. Elle connaît la théorie. Pas le vivant.
Et un outil IA ne doit jamais te remplacer sur quelque chose que tu ne maîtrises pas. Parce que sinon, tu perds progressivement le contrôle de ton propre business.
Si tu te demandes ce qui est vraiment juste pour toi dans tout ça, si tu ne sais pas si ton site actuel travaille vraiment pour ton business, si tu as l’impression que tes outils ne se parlent pas, peut-être que la prochaine étape c’est simplement de mettre de la clarté là-dessus. Et pour ça, on peut en parler ensemble.
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